R i t u e l ° ° °

"Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

-La Litanie de la Peur Bene Gesserit -

"Combien de fois l'homme en colère nie-t-il avec rage ce que lui souffle son moi intérieur?"

-Muad'Dib-

(Frank Herbert, "Dune")

Présentation

Bienvenue en ces lieux ° ° °

     A toi qui lis ces lignes,

     Si tu cherches des réponses, tu n'en trouveras pas ici. Au contraire, cet espace personnel a pour but de susciter la réflexion en posant davantage de questions ne nécéssitant pas forcément des réponses. Le questionnement systématique, principal moteur de l'apprentissage, est en voie de disparition. Il est plus facile d'éviter de se poser des questions que d'essayer de trouver des réponses.

     Je ne vais ici pas beaucoup parler de moi. La vocation principale des blogs actuels semble être la valorisation personnelle, une quête de reconnaissance, et c'est bien dommage. Cet endroit me permet de faire le tri parmi toutes les pensées bizarres, les interrogations et les sensations particulières que renferme mon cerveau. De l'abstrait, du concret, des coups de coeur, des coups de gueule... rien d'extraordinaire somme toute, si ce n'est que tout sera toujours suivi d'un appel à la réflexion. Qui sait, peut-être que nous y verrons plus clair... Libre à vous de répondre à cet appel avec moi, en tous cas bonne lecture.

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Lundi 5 juin 2006 1 05 /06 /Juin /2006 16:49

     Bien le bonjour, chers amis.

     ...

     Alors, on ne répond plus? Ne M'obligez pas à sortir Ma ferula et à laisser Mon courroux s'abattre sur vous... Je ne le dirai qu'une fois. Vous savez ce que l'on dit, ira furor brevis est. Allez, après Moi : "Ave magister". Aaah, voilà! Ca se voit, J'oserais même dire que ça sent, que Je suis un bon maître. Non, ne Me remerciez pas voyons, il est tout naturel pour un grand de ce monde de permettre aux culturellement démunis de jouir un tantinet soit peu de Sa faramineuse sagesse. Mon assistante préférée, Fuffola, dit toujours de Moi que Je suis aux Sciences du Langage ce que le Viagra est aux sexagénaires : un don du ciel, et béni soit-il (...mais délivre-nous de Lordi, amen...). La lumière au bout du tunnel, l'espoir après la résignation, une seconde jeunesse fougueuse, la résurrection de la chair, une orchidée dans le champ d'orties qu'est devenu notre belle et noble langue. Mais Je parle, Je parle, et tempus fugit. Multa paucis!

     Nous allons aujourd'hui continuer d'explorer les sonorités plus ou moins oLé-oLé de la lingua vulgata à travers divers mots, tous plus sympathiques les uns que les autres, le tout lié par Ma truculente verve, qui est toujours en aussi excellente forme, et merci bien. Et nunc, erudimini!

 

Primus nomen : "G l o u t o n"

 Voilà un terme intéressant, n'est-il pas? Oui, Je sais. Bon, souvenez-vous du modus operandi :

  • Primo : Répétition nonchalante
  • Secundo : Répétition de la première opération
  • Tertio : Visualisation du mot
  • Quarto : Imprégnation de Mon savoir

     Alors, quelles sont donc les impressions que nous font ressentir les sonorités de ce mot "glouton"? J'y vois une image assez onomatopéïque... des bulles, Je vois des bulles noires et un animal marin qui fleure bon la glace au pétrole. Oui, ce pourrait être le nom d'un poisson des mers boréales, qui saute joyeusement de marée noire en marée noire, comme pour en réchapper, avant de s'échouer sur cette belle côte-station-essence. Qu'est belle la nature! Mais comme vous le savez, on dit de quelqu'un qu'il est glouton s'il ne sait s'arrêter de s'empiffrer maladivement. L'origine de ce terme se trouve dans le Latin impérial (qui correspond aux premiers et deuxièmes siècles PCN) : glutto, qui vient de gluttire (avaler) et gluttus (gosier). Existent aussi : gloutonnement et gloutonnerie. On parle par extension d'un appétit glouton (mise en situation : "Carlos est sympa, mais qu'est-ce qu'il a un appétit glouton!"). Chez ces barbares d'Anglo-Saxons, le péché de la gourmandise s'appelle d'ailleurs "gluttony". Ces vils malandrins volent des mots aux langues nobles, en plus de les dénaturer... puissent-ils rôtir en enfer en ce sixième jour du sixième mois de la sixième année de ce siècle, le jour de la bête! (Avec Diam's et Gwen Stefani, si possible.) Vous rigolerez moins quand Lordi et ses hordes impies feront griller les poils de vos arrières-trains!

     Par contre, vous ignorez à coup sûr que glouton est également le nom d'un animal. Non, Carlos n'est pas considéré comme un animal. Demis Roussos, à la limite, mais ce n'est pas Mon propos. A prori, et pour une obscure raison, le seul animal que vous associez au mot "glouton" est beaucoup moins velu que Demis Roussos, il s'agit de l'hippopotame.

Mais sachez qu'il y a autre chose que panem et circenses dans la vie! Le glouton (gulo gulo) est un mammifère de la famille des Mustélidés pouvant atteindre 25 kg et muni de grands pieds pour ne pas s'enfoncer dans la neige, un cousin grand format de la belette et de l'hermine. Mais ne vous y fiez pas, il est féroce, c'est un véritable prédateur en plus d'être un charognard. Bonjour l'haleine. Il vit dans les forêts glaciales et la toundra arctique du nord de la Scandinavie, de la Sibérie et du Canada. Ce bestial est tellement efficace pour nettoyer les carcasses qu'il est appelé la "hyène du Nord". Comme certains humains, il n'hésite pas à s'attaquer à un ours pour défendre son repas. Mais contrairement à Carlos, le pauvre glouton a mauvaise réputation, et son haleine putride n'arrange rien... Vous trouverez plus d'information à son sujet sur l'aranea (Je vous conseille Vicipaedia). Par pitié, aidez-le à trouver des amis, le pauvre.

Secundus Nomen : "M a m e l u"

     Je dois vous avouer que je mens, car il s'agit d'un adjectif. Eh oui, ce mot, dérivé de "mamelle", existe bel et bien! Oseriez-vous remettre en doute Mon érudition exquise? Ainsi, même si c'est péjoratif, il est correct de dire "Sapristi, regarde-moi donc cette charmante demoiselle, elle est particulièrement mamelue et j'aimerais vraiment lui conter fleurette." - traduction d'un dialecte très vivant associé au Français, le Ouech-Ouech. En langue source, ça donne (veuillez éloigner vos enfants de l'écran) :  "'Tain ti mes couilles mate la chwane là qu'elle est trop bonne avec ses grosses loches, la vie d'ma reum qu'j'vais la troncher!" Par écrit c'est encore différent, très proche du proto-germanique de par l'aspect phonétique de sa morphologie, ça s'appelle le S.M.S. (Successions de Morphèmes Simplistissimes). J'ai arrêté de dispenser ces cours, victime de Mon succès. Etrangement, la populace casquettée s'intéresse plus à ces leçons qu'à celles d'araméen occidental, un mystère que Mon énorme cerval ne saurait tarder à élucider. Quoiqu'il en soit, "mamelu" signifie bel et bien "qui a de grosses mamelles, de gros seins", en faisant allusion à une femme de manière péjorative ou plaisante, c'est Robert et les jeunes fripons de l'Académie française qui me l'ont dit. Cet adjectif peut également être substantivé : "C'est une grosse mamelue."

____________________________

     Après avoir une fois de plus déversé Mes connaissances en terre païenne, J'ai le regret de vous annoncer que Je dois vous laisser. Mais séchez vos larmes : Je serai de retour d'ici quelques jours avec une pléthore de nouveaux mots farfelus, pour défendre avec vous (mais surtout avec Moi) la lingua vulgata contre les agressions que sont Lordi et la Compagnie Créole. Nous vaincrons, gloire à Moi!

    Magister dixit.

     Ne Me remerciez pas, à bientôt.

          °°° Magnus Magister Fixxxus °°°

 

PS : A Mes amis les trois fois vingt : ne prenez qu'une seule pilule à la fois si vous voulez éviter de devoir marcher avec une brouette et de devoir décoincer le dentier de madame au pied de biche. Afin d'éviter ces désagréments qui n'ont cesse de briser la magie du moment, Je conseille d'ailleurs à madame une gâterie que monsieur votre mari n'oubliera pas de sitôt, J'ai nommé le célèbre pompier de velours. Effet garanti, et de plus votre prothèse dentaire reste intacte et peut pendant ce temps gentiment tremper dans l'eau de Javel. Que demander de plus? Un bon coup de Kärcher?

Par Magnus Magister Fixxxus - Publié dans : Et nunc erudimini!
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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /Juin /2006 10:37

     Mon ego normal n'aime pas trop les retours fracassants. Ca sonne un peu trop hOllYwoODiEn à mon goût. Vous vous contenterez donc d'un simple bonjour (et d'une tape amicale, soyons fous).

     Et nunc, reges, intelligite ; erudimini, qui judicatis terram ! Je vous laisse le soin de chercher par vous-même l'origine de cette expression si cela vous intéresse. Je trouve que ces citations en latin ont un charme tout particulier et sont emplies d'une forme de sagesse particulièrement lucide, surtout celles datant de l'Antiquité. Je n'ai pas de mérite, je vais rechercher tout ça sur l'aranea, mais je vais bien m'abstenir de vous le dire. Ah zut, trop tard. Sapristi.

     Soit, place à un nouvel Ego, avec majuscule et beaucoup plus gros comme vous pouvez le voir, pour cette nouvelle section. Qui aures habet, audiat.

 

Multa paucis!

     Pour Mon grand retour (sonnez cors, résonnez trompettes!), l'éclair d'intelligence qui a (une fois de plus) foudroyé Ma Noble Personne M'a soufflé à l'oreille une idée Ma foi bien sympathique, que Mon esprit savant n'avait bizarrement pas trouvée plus tôt. N'ayant pas vraiment le temps et l'inspiration pour rédiger de longs articles à la fois intelligents, sages, lucides, élégants, subtils, inspirateurs, transcendants, merveilleusement agencés, acerbes et particulièrement réfléchis (comme le sont Mes précédentes oeuvres... mais ne Me remerciez pas voyons, il est naturel pour un érudit de partager sa sagesse infinie avec le commun des mortels), je vais Me contenter de vous instruire. Magister dixit. Rassurez-vous, Mon savoir n'a d'égal que l'admiration que J'éprouve naturellement pour Moi-même. Vir bonus, dicendi peritus. Votre premier devoir sera de trouver la signification de tous ces proverbes latins. Erudimini!

     Aimez-vous les mots? Personnellement, Je suis fan des mots (d'où Ma verve éclatante). Mais pas n'importe lesquels, J'aime particulièrement les mots dont la sonorité est rigolote, parfois même ridicule. On n'y fait pas attention, mais en se répétant ces mots et en se concentrant sur leurs sonorités, ils peuvent sembler totalement différents. Ils vivent hors de leur contexte habituel. Prenez par exemple le mot "toboggan". Je le trouve fascinant. Répétez-le nonchalamment. Encore. Visualisez le toboggan, touchez-le, imprégnez-vous de Mon savoir. N'ai-Je pas raison? Question idiote, J'ai toujours raison. Dorénavant, et le plus régulièrement possible, Je vais vous faire redécouvrir un mot de la lingua vulgata à Ma façon, le meilleur moyen de joindre l'utile à l'agréable, l'agréable étant bien entendu Ma verve idéalement parfaite.

° ° °   Le mot du jour : Toboggan   ° ° °

     Nous allons donc commencer par le mot "toboggan". Admirez ces sonorités exotiques, on croirait entendre le nom d'un papa kangourou parti acheter un boomerang à son petit. Mais d'où peut-il venir? Le kangourou vient d'Australie. Premier élément de réponse. Le boomerang vient de la direction opposée vers laquelle un kangourou l'a lancé. Second élément, nous progressons. Le mot toboggan, quant à lui, vient  de l'algonquien, c'est-à-dire une langue amérindienne du Canada (Québec et Ontario). A l'opposé de l'Australie... les pauvres kangourous ne connaissent même pas les joies de la glissade tobogganiale. Pauvre de vous, un jour viendra où Je vous apporterai aussi le savoir Mes frères, ne perdez pas espoir. A l'origine, le mot toboggan ( "otaban" ou "tabascan" en algonquien, pour la prononciation J'annoncerai plus tard les horaires des cours d'algonquien que Je dispense) désignait un traîneau bas à longs patins métalliques, et encore maintenant, au Canada, il désigne une "traîne sauvage" : un traîneau sans patins de bois recourbé à l'avant. Les Amérindiens s'en servaient pour tirer des marchandises en hiver. Chez nous, les gens civilisés, nous nous contentons de glisser dans un cylindre généralement ouvert et d'appeler ce cylindre "toboggan". Grand bien nous fasse, pas besoin de neige au moins. Ce mot a acquis d'autres sens dans notre beau langage, mais ils sont moins importants, et Mon bon ami Robert se fera un plaisir de vous éclairer davantage, il est d'ailleurs une source d'inspiration constante.

     Magister dixit.    

     Ne Me remerciez pas, à bientôt.

          °°° Magnus Magister Fixxxus °°°

PS : Mes cours d'algonquien se tiennent le vendredi de 21h à 00h (rattrapage le dimanche de 06h à 11h), juste après le cours d'araméen occidental que Je donne de 17h à 21h. Ca s'appelle le syriaque, c'est très chantant et très efficace pour conter fleurette. Ces cours peuvent paraître longs, mais que voulez-vous, à la guerre comme à la guerre, on fait survivre les langues mortes comme on peut! Si vis pacem, para bellum! Protégeons-les des anglicismes, de Lordi et d'autres barbarismes diaboliques, l'oeuvre du Malin qui veut tuer les langues mortes! Vade retro, Satanas!

PS2 : Pour les plus incultes d'entre vous, aranea signifie toile dans la langue noble qui M'est si chère. Cours privés uniquement sur rendez-vous par contre si ça vous intéresse. Devis gratuit. Garanti 2 ans, pièces et main d'oeuvre.

Par Magnus Magister Fixxxus - Publié dans : Et nunc erudimini!
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 01:04

     Après une longue période de vache maigre, je reprends Ex-Nihilo en main. Je n'avais simplement rien d'intéressant à raconter, alors plutôt que d'écrire n'importe quoi, je préfère m'abstenir. Tiens, ça me fait penser à une petite citation que j'adore, qui n'a pas grand chose à voir finalement, mais soit : "Mieux vaut la fermer et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet". J'aime beaucoup. Malheureusement, c'est assez difficile à appliquer, mais c'est une bonne phrase à placer dans une conversation, pour casser quelqu'un ou pour briller en société.

     Le sujet que je vais aborder nous concerne tous, tous les jours. Nous y sommes régulièrement confrontés, d'un côté ou l'autre de la barrière. Il s'agit du Pardon. Avec une majuscule, parce qu'il le vaut bien. Je précise que je ne fais absolument pas allusion au pardon chrétien. Les chrétiens se sont fourbement approprié des valeurs profondément humaines, des valeurs ancrées en chacun de nous, j'oserais même m'avancer à dire ancrées dans nos instincts. Finalement, le Pardon doit être une des composantes principales de la Conscience, si toutefois il était possible de décomposer cette dernière.

      Comment le Pardon acquiert-il une quelconque valeur? Car il est aisé de dire à quelqu'un qu'on le pardonne, beaucoup plus facile que de véritablement pardonner. J'ai donc l'impression que ce Pardon (excusez les répétitions mais ce mot est particulièrement parlant et je ne connais pas de synonymes qui me plaisent) n'a pas souvent de vraie valeur. La plupart du temps, on pardonne des futilités, des choses qui n'ont finalement pas d'importance. Et ce n'est que lorsqu'il faut vraiment pardonner, lorsqu'il ne s'agit plus d'une petite chose sans importance, que l'on se rend compte de la difficulté du Pardon. Il prend du temps, beaucoup de temps. Dire pardon, ça prend quelques secondes. Pardonner doit prendre... au moins ça! Car pour pardonner, il faut dans un premier temps comprendre. Quelqu'un a dit (si je me souviens bien c'est encore une de ces belles paroles chrétiennes) que comprendre, c'était tout pardonner. Je ne suis pas d'accord. Certes, il est indispensable de se mettre dans la peau de l'autre, c'est la première étape du Pardon : essayer de comprendre les raisons qui l'ont poussé(e) à agir de la sorte. Mais que faire lorsque l'on ne comprend pas? Qu'on ne vienne pas me dire que tous les comportements sont rationnels... Alors bon, comprendre, c'est bien mais ça ne marche pas à tous les coups. Et quand bien même, en supposant que l'on ait compris, il reste à accepter. Je vais prendre un exemple un peu extrême mais c'est pour l'image : c'est un peu comme quand une personne qui nous est chère décède - on comprend que cette personne est morte, mais on peut ne pas l'accepter et en souffrir longtemps. Seul le temps efface votre chagrin, rien ni personne ne peut vraiment vous aider. Enfin, on peut être accompagné et ça aide, mais le gros du travail se fait seul, face à ses pensées, ses angoisses, ses doutes, ses souvenirs. Et bien c'est un peu la même chose avec le pardon, à mon humble avis. Le Pardon ne devient effectif qu'avec le temps. De plus, il s'accorde généralement à quelqu'un qui vous a fait du mal, ou qui vous a trahi d'une façon ou d'une autre, le dernier engendrant le premier. Logiquement, la personne "coupable" n'a pas dans ses habitudes de vous faire du mal ou vous trahir, et ce faisant, elle perd la confiance que vous lui aviez accordée - du moins plus ou moins de confiance, selon la gravité, la personne et surtout les personnalités - j'ai envie de dire selon la religion car un chrétien doit savoir tout pardonner, je demande à voir... mais je diverge. Si on suit cette logique, en accordant son Pardon, donc en disant à quelqu'un qu'on lui pardonne, on espère que la situation ne se reproduira plus, ou qu'une situation ou l'autre changera, enfin on espère donc. Le vrai Pardon ne serait-il alors pas purement égoïste? Il ne s'agirait alors plus de pardonner pour apaiser le "coupable" (le mot est un peu fort, je sais), mais pour s'apaiser soi-même, pour se convaincre que tout ira bien malgré la blessure... je ne sais pas.

 

 

     Et après? Que se passe-t-il quand le temps a fait son oeuvre, quand la tristesse s'est finalement envolée? Est-ce qu'on arrive vraiment à pardonner? On oublie jamais, clairement, mais le vrai Pardon existe-t-il? N'existe-t-il que lorsque l'objet du pardon n'a plus d'importance à nos yeux? Pour prendre un exemple matérialiste et mal choisi, c'est un un p(n)eu comme lorsque un ami emprunte votre voiture et a un accident avec. Des années plus tard, vous aurez peut-être changé de voiture, et l'ancienne n'aura plus la moindre importance, vous en rierez peut-être même, avec le recul. Essayez de transposer ça avec des événements plus abstraits, avec des personnes.

     Mais j'oublie un facteur primordial, que j'ai toutefois cité auparavant : la personnalité. J'imagine que la réaction d'un optimiste sera différente de celle d'un pessimiste, même à long terme, tout comme un rancunier gardera l'offense en travers de la gorge beaucoup plus longtemps. Et là je ris, car cet élément rend toute mon argumentation (il s'agirait plutôt d'un questionnement avec hypothèses en fait) très subjective. Encore une fois, j'ai posé plus des questions qu'autre chose, mais je n'ai jamais eu la prétention de déclarer avoir toutes les solutions. Si vous en avez, ou si vous concevez le Pardon différemment, ou si vous avez trouvé le moyen de vraiment pardonner, n'hésitez pas à partager votre vision des choses, je crois que c'est comme ça que l'on apprend vraiment. Si l'esprit gagne beaucoup à réfléchir de façon interne, c'est surtout grâce à des stimulations externes qu'il le fait, et surtout qu'il s'ouvre. Je ne demande qu'à ouvrir le mien.

Par MetlFixxxer - Publié dans : Cogito ergo sum
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Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /Jan /2006 17:51

     Des animaux. Nous ne sommes que des animaux, ne l'oublions pas. Des animaux qui pensent, certes, mais qui gardent des instincts primaires, auxquels nous ne pouvons laisser libre cours de peur d'être rejetés du système social au sens large. Ceci explique pourquoi nous devons perpétuellement lutter... mais là, pendant quelques minutes, tout ceci va disparaître, il ne restera que nous et nos instincts... et toutes ces choses qui nous irritent et contre lesquelles nous ne pouvons normalement rien faire. Aujourd'hui, nous allons laisser sortir notre haine envers toutes ces petites choses qui nous énervent sans raison vraiment valable, cette haine viscérale tournée vers des détails, mais qui malgré tout nous hante... Laissons sortir tout ce qui nous met les nerfs au quotidien, messieurs les censeurs, je vous dis crotte!

JE HAIS:

 

-les fils dans les haricots verts
-les gens qui traînent les pieds
-les manteaux avec de la fourrure à la capuche
-la peau de tomate dans la sauce tomate
-ne plus avoir d'eau chaude dans la douche à 7h du matin
-les gens qui se plaignent tout le temps pour des conneries
-les mobylettes et les scooters, ça pue et ça fait du bruit
-qu'on me parle quand je joue de la guitare
-oublier mon bonnet quand il gèle
-avoir tort quand je crois avoir raison
-ceux qui n'admettent jamais qu'ils ont tort
-ceux qui n'ont jamais tort
-les gars qui vendent des autocollants (les mêmes depuis 10 ans, style "Drogue non merci" avec la seringue cassée) dans la rue, avec à chaque fois une excuse différente
-Gwen Stefani, sa sale coupe de cheveux et ses sales chansons qui sentent le pâté
-les 4x4 en ville
-les gens qui jettent leurs détritus par terre
-les clochards alcooliques de Mons
-les fautes d'orthographe
-le langage SMS ailleurs que dans un SMS
-les gens qui ont la trace de l'oreiller dans leurs cheveux
-les profs qui ont une haleine de chacal
-les gens qui ne s'arrêtent jamais de parler (bien souvent d'un sujet totalement dénué d'intérêt)
-retirer la "croûte" en plastique du gouda
-les gens qui crient dans les magasins
-les voitures qui dépassent par la droite
-les caissières du Delhaize qui ont bien le temps
-les caissières du Aldi qui vont beaucoup trop vite o_O
-la peau sur le lait chaud
-les baraquis qui foutent leur techno à fond dans leur voiture avec les vitres abaissées et leurs lunettes de soleil en plein hiver
-les skyblogs
avec des messages du style "wais t tro Gnial jtador xxx bizzzzzz rest com T!!!!!!!!!!"
-les moustiques qui viennent te harceler pendant la nuit
-faire caca mou
-mettre deux plombes à me torcher le cul à cause du caca mou
-avoir mal au cul de m'être torché le cul à cause du caca mou
-les Buffalos (les chaussures, mais que c'est LAID!)
-les fumeurs dans les lieux publics, et surtout dans les restaurants
-les pantalons moule-bite
-le cirque et surtout les trapézistes (souvent russes) déguisés en David Bowie
-les chômeurs chroniques qui passent leurs journées en pyjama assis sur le pas de leur porte à regarder passer les voitures

 

 

-les pubs de 15 minutes sur Euronews pour des conneries de compilations des années 80 ou des super mixers de brun
-la danse classique
-les chignons
-Anne Quevrin, son bête sourire et sa bête émission (Place Royale)
-les gares qui puent la pisse
-les crottes de chien étalées sur un trottoir, ça pue encore plus
-les frites pas bien cuites et jaunes
-les trains en retard qui font rater les correspondances
-la fatigue qui vient quand on a pas envie de dormir
-les moustiques qui réveillent sournoisement pendant la nuit
-le rayon poissonnerie dans les grandes surfaces
-le camembert trop fait
-les tongs
-les mecs qui mettent des t-shirts roses
-étudier quand je transpire par 30°
-étudier tout court, en fait
-transpirer tout court aussi
-avoir de la saleté sur mes lunettes
-les connards qui mettent leurs feux arrières anti-brouillard dès que la visibilité diminue de 3 mètres
-les trainings en "toile de parachute" turquoise des années 80-90
-les coupes des années 80
-les fringues des années 80
-la pop des années 80
-les années 80
-faire la vaisselle
-les portes d'armoire qui ne sont pas fermées
-accrocher un poster de travers et devoir retirer toutes les punaises pour le redresser
-oublier de boire mon jus d'orange avant de me laver les dents
-quand mon PC plante et que je n'ai pas sauvegardé ce que je faisais...
 

 

 

   Rhaaaaah que ça fait du bien! Ca ne change absolument rien, mais ça fait tellement du bien... dans le cadre d'une thérapie de groupe, je vous propose de poster ici-même la liste de choses ordinaires qui vous énervent. Allez-y, laissez échapper votre haine envers ces insignifiants objects, personnes, évènements, etc. qui vous donnent envie de tout casser... pensez à ces gens à qui vous auriez envie d'assainer un bon coup de barre à mine absolument gratuitement, juste parce que leur façon d'être vous énerve... il y a en tout homme un bison furibond qui sommeille, réveillez-le maintenant!

...

Mais n'oubliez pas de le rendormir ce concentré d'intolérance et de haine non-justifiée après... tout doux, tout doux, on ferme les yeux, on respire profondément... et on pense à tout ce qui ne nous énerve pas... tout le reste vous semblera alors agréable en comparaison. Quand je vous dis que c'est une thérapie, il faut me croire... ^^

 

Par MetlFixxxer - Publié dans : Ad nauseam
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Mercredi 25 janvier 2006 3 25 /01 /Jan /2006 23:22

     

     Un article court ce soir, je voulais simplement parler un peu de ce superbe film d'animation que je viens de découvrir, Le Voyage de Chihiro, Oscar du meilleur film d'animation en 2003. Au départ, j'étais assez réticent à l'idée de regarder un de ces mangas qui se ressemblent tous à mes yeux, mais après cinq minutes du film j'étais parti. Si, visuellement, il emprunte beaucoup d'éléments aux mangas, il faut bien admettre que Le Voyage de Chihiro est totalement différent. Plus beau pour commencer, certains plans sont en images de synthèse et les décors sont extrêmement soignés, plus que dans la majorité des dessins animés. Les animations ne sont pas aussi saccadées que les mangas que je connais, c'est visuellement très plaisant... pourtant Dieu (ou Satan, ou Goldorak, ou Skippy le Grand Gourou) sait à quel point je suis allergique aux dessins animés japonais. L'histoire, ensuite, est des plus captivantes, on se laisse emporter du début à la fin. Finalement, le spectateur voyage autant que la petite Chihiro. Je ne peux trop en dire pour ne pas révéler l'intrigue, mais disons juste que ce film raconte l'histoire de la petite Chihiro qui se retrouve dans un drôle d'endroit, un endroit magique et malsain, où elle va avoir un rôle bien particulier, mais c'est surtout son périple et moins le contexte qui est mis en avant. Elle évolue dans un monde fantaisiste sorti tout droit de la fertile imagination de Hayao Miyazaki (à vos souhaits), où les choses les plus bizarres et les plus irrationnelles vont se produire. Bon, allez, voici de quoi vous donner envie de le regarder si ce n'est déjà chose faite :

Chihiro, dix ans, a tout d'une petite fille capricieuse. Elle s'apprête à emménager avec ses parents dans une nouvelle demeure.
Sur la route, la petite famille se retrouve face à un immense bâtiment rouge au centre duquel s'ouvre un long tunnel. De l'autre côté du passage se dresse une ville fantôme. Les parents découvrent dans un restaurant désert de nombreux mets succulents et ne tardent pas à se jeter dessus. Ils se retrouvent alors transformés en cochons.
Prise de panique, Chihiro s'enfuit et se dématérialise progressivement. L'énigmatique Haku se charge de lui expliquer le fonctionnement de l'univers dans lequel elle vient de pénétrer. Pour sauver ses parents, la fillette va devoir faire face à la terrible sorcière Yubaba, qui arbore les traits d'une harpie méphistophélique.

 

     Mais il y a plus qu'une simple histoire, qui, si elle nous avait été contée par quelqu'un d'autre, n'aurait peut-être pas eu la même saveur et sûrement pas le même impact. Ce film regorge de poésie, de messages positifs. Incontestablement le genre de production qui remonte le moral à coup sûr. Cette poésie est impossible à décrire, il faut voir le film, il s'agit plus d'une ambiance particulière et surtout du charisme de la petite Chihiro, plus vraie que nature malgré ses traits simplifiés. On aurait presque envie de la rencontrer en vrai et de devenir son ami(e).

     Bien heureusement, l'épopée de Chihiro a eu le succès qu'elle méritait, elle a même remporté un Oscar! Je ne vais pas m'étendre davantage sur le sujet, le film est beaucoup plus parlant qu'un simple article. Il me semble que les productions de cette qualité et surtout aussi optimistes se font rares, peut-être cela contribue-t-il au malaise et à la négativité générale qui règnent dans nos sombres contrées. En tous cas, si vous avez besoin d'évasion, d'une grande bouffée d'air frais, foncez le louer ou l'acheter, vous ne serez pas déçus et votre bonne humeur sera contagieuse!

ERRATUM : le film a été nommé aux Oscars pour le meilleur film d'animation mais ne l'aurait apparemment pas remporté, au temps pour moi. (Oui, c'est comme ça que ça s'écrit.)

(Voici un lien vers des images, des bandes-annonces et d'autres choses encore : http://www.oomu.org/chihiro.html)

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Par MetlFixxxer - Publié dans : Panem et circenses
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D U N E ° ° °

"Il devrait exister une science de la contrariété. Les gens ont besoin d'épreuves difficiles et d'oppression pour développer  leurs muscles psychiques."

-Muad'Dib-

"La grandeur est un expérience passagère. Jamais elle n'est stable. Elle dépend en partie de l'imagination humaine qui crée les mythes. La personne qui connaît la grandeur doit percevoir le mythe qui l'entoure. Elle doit se montrer puissamment ironique. Ainsi, elle se garde de croire en sa propre prétention. En étant ironique, elle peut se mouvoir librement en elle-même. Sans cette qualité, même une grandeur occasionnelle peut détruire un homme."

-Muad'Dib-

(Frank Herbert, "Dune")

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