... so I dub thee unforgiven ° ° °

Publié le par MetlFixxxer

     Après une longue période de vache maigre, je reprends Ex-Nihilo en main. Je n'avais simplement rien d'intéressant à raconter, alors plutôt que d'écrire n'importe quoi, je préfère m'abstenir. Tiens, ça me fait penser à une petite citation que j'adore, qui n'a pas grand chose à voir finalement, mais soit : "Mieux vaut la fermer et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet". J'aime beaucoup. Malheureusement, c'est assez difficile à appliquer, mais c'est une bonne phrase à placer dans une conversation, pour casser quelqu'un ou pour briller en société.

     Le sujet que je vais aborder nous concerne tous, tous les jours. Nous y sommes régulièrement confrontés, d'un côté ou l'autre de la barrière. Il s'agit du Pardon. Avec une majuscule, parce qu'il le vaut bien. Je précise que je ne fais absolument pas allusion au pardon chrétien. Les chrétiens se sont fourbement approprié des valeurs profondément humaines, des valeurs ancrées en chacun de nous, j'oserais même m'avancer à dire ancrées dans nos instincts. Finalement, le Pardon doit être une des composantes principales de la Conscience, si toutefois il était possible de décomposer cette dernière.

      Comment le Pardon acquiert-il une quelconque valeur? Car il est aisé de dire à quelqu'un qu'on le pardonne, beaucoup plus facile que de véritablement pardonner. J'ai donc l'impression que ce Pardon (excusez les répétitions mais ce mot est particulièrement parlant et je ne connais pas de synonymes qui me plaisent) n'a pas souvent de vraie valeur. La plupart du temps, on pardonne des futilités, des choses qui n'ont finalement pas d'importance. Et ce n'est que lorsqu'il faut vraiment pardonner, lorsqu'il ne s'agit plus d'une petite chose sans importance, que l'on se rend compte de la difficulté du Pardon. Il prend du temps, beaucoup de temps. Dire pardon, ça prend quelques secondes. Pardonner doit prendre... au moins ça! Car pour pardonner, il faut dans un premier temps comprendre. Quelqu'un a dit (si je me souviens bien c'est encore une de ces belles paroles chrétiennes) que comprendre, c'était tout pardonner. Je ne suis pas d'accord. Certes, il est indispensable de se mettre dans la peau de l'autre, c'est la première étape du Pardon : essayer de comprendre les raisons qui l'ont poussé(e) à agir de la sorte. Mais que faire lorsque l'on ne comprend pas? Qu'on ne vienne pas me dire que tous les comportements sont rationnels... Alors bon, comprendre, c'est bien mais ça ne marche pas à tous les coups. Et quand bien même, en supposant que l'on ait compris, il reste à accepter. Je vais prendre un exemple un peu extrême mais c'est pour l'image : c'est un peu comme quand une personne qui nous est chère décède - on comprend que cette personne est morte, mais on peut ne pas l'accepter et en souffrir longtemps. Seul le temps efface votre chagrin, rien ni personne ne peut vraiment vous aider. Enfin, on peut être accompagné et ça aide, mais le gros du travail se fait seul, face à ses pensées, ses angoisses, ses doutes, ses souvenirs. Et bien c'est un peu la même chose avec le pardon, à mon humble avis. Le Pardon ne devient effectif qu'avec le temps. De plus, il s'accorde généralement à quelqu'un qui vous a fait du mal, ou qui vous a trahi d'une façon ou d'une autre, le dernier engendrant le premier. Logiquement, la personne "coupable" n'a pas dans ses habitudes de vous faire du mal ou vous trahir, et ce faisant, elle perd la confiance que vous lui aviez accordée - du moins plus ou moins de confiance, selon la gravité, la personne et surtout les personnalités - j'ai envie de dire selon la religion car un chrétien doit savoir tout pardonner, je demande à voir... mais je diverge. Si on suit cette logique, en accordant son Pardon, donc en disant à quelqu'un qu'on lui pardonne, on espère que la situation ne se reproduira plus, ou qu'une situation ou l'autre changera, enfin on espère donc. Le vrai Pardon ne serait-il alors pas purement égoïste? Il ne s'agirait alors plus de pardonner pour apaiser le "coupable" (le mot est un peu fort, je sais), mais pour s'apaiser soi-même, pour se convaincre que tout ira bien malgré la blessure... je ne sais pas.

 

 

     Et après? Que se passe-t-il quand le temps a fait son oeuvre, quand la tristesse s'est finalement envolée? Est-ce qu'on arrive vraiment à pardonner? On oublie jamais, clairement, mais le vrai Pardon existe-t-il? N'existe-t-il que lorsque l'objet du pardon n'a plus d'importance à nos yeux? Pour prendre un exemple matérialiste et mal choisi, c'est un un p(n)eu comme lorsque un ami emprunte votre voiture et a un accident avec. Des années plus tard, vous aurez peut-être changé de voiture, et l'ancienne n'aura plus la moindre importance, vous en rierez peut-être même, avec le recul. Essayez de transposer ça avec des événements plus abstraits, avec des personnes.

     Mais j'oublie un facteur primordial, que j'ai toutefois cité auparavant : la personnalité. J'imagine que la réaction d'un optimiste sera différente de celle d'un pessimiste, même à long terme, tout comme un rancunier gardera l'offense en travers de la gorge beaucoup plus longtemps. Et là je ris, car cet élément rend toute mon argumentation (il s'agirait plutôt d'un questionnement avec hypothèses en fait) très subjective. Encore une fois, j'ai posé plus des questions qu'autre chose, mais je n'ai jamais eu la prétention de déclarer avoir toutes les solutions. Si vous en avez, ou si vous concevez le Pardon différemment, ou si vous avez trouvé le moyen de vraiment pardonner, n'hésitez pas à partager votre vision des choses, je crois que c'est comme ça que l'on apprend vraiment. Si l'esprit gagne beaucoup à réfléchir de façon interne, c'est surtout grâce à des stimulations externes qu'il le fait, et surtout qu'il s'ouvre. Je ne demande qu'à ouvrir le mien.

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Publié dans Cogito ergo sum

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S
pas d'accord.Les bébés ne sont pas hypocrites. Ils n'ont pas (encore) été conditionnés par les valeurs de notre société (partage etc... même si personne ne les met vraiment en pratique).Des adultes feraient semblant de rien et refouleraient ces pulsions de jalousie.Enfin, ce n'est que mon humble avis exprimé sans la moindre connaissance en psychologie,... ^^ (donc très certainement criticable ^^).
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M
Oui mais d'un autre côté les bébés n'ont pas encore conscience des autres, tout est centré autour d'eux. Il y a le bébé, sa mère, et les autres qui ne comptent pas. La mère est au service du bébé dans son inconscient. Pour parler de la vraie nature humaine, je crois qu'il vaut mieux le faire avec des adultes, comme pour tout d'ailleurs.<br /> Cependant, les résultats seraient peut-être les mêmes, d'une façon ou d'une autre, que les bébés ;)
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S
Bah, évidemment qu'il n'y a pas de vérité.Il ne peut y avoir que des théories sans cesse améliorées mais sans pour autant arriver à une vérité à cause des "erreurs expérimentales" qui sont en l'occurence les "inadaptés" ou peu importe le nom qu'on leur donne.Sinon,... je pense que l'être humain est profondément mauvais comme je l'ai dit et pour étayer mes propos d'une manière pragmatique, voici une petite expérience qui a été réalisée il y a quelques années :on a mis dix bébés dans une pièce close avec 10 jouets strictement identiques à l'autre bout de la pièce. Lorsqu'on a laché les 10 bébés, il y en a un qui est arrivé avant les autres. La réaction des autres fut de vouloir le jouet choisi par le premier. Je ne dit pas que ça démontre mon point de vue, ça l'étaye tout simplement. Mais si tu veux en parler plus sérieusement (de la "malveillance" inhérente à l'humain), ce sera volontiers ;-).PS : j'essaierai de retrouver les détails de l'expérience des bébés.
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M
Oui je comprends totalement, c'est très intelligent et probablement vrai. Maintenant, je ne peux pas dire que je suis totalement d'accord sur le fait que l'humain nait mauvais, tout comme je ne peux pas affirmer avec certitude que l'humain nait bon. Nous avons tous un potentiel, je crois, qui penche d'un côté ou de l'autre en fonction de notre éducation, de nos expériences personnelles, etc.<br /> Mais ta vision est vraiment très intéressante, elle peut être vraie. Si toutefois il existe une vérité dans des domaines aussi abstraits et subjectifs ;)<br /> Merci :)
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S
hé beh, t'as pas chomé.Bon, je vais essayer de répondre un truc intelligent malgré l'heure tardive.Déjà, je ne vais pas continuer sur ta lancée interrogative mais plutôt la completer par mes réponses qui sont tout à fait personnelles et ne reposent que sur mon appréciation de la réalité des relations humaines.Tout d'abord, je considère que l'homme est foncièrement mauvais, à la base, tout le monde est "méchant". Mais la norme étant à la gentillesse et l'hypocrisie, beaucoup de monde (pratiquement tout le monde) se force à porter un masque souriant.Cependant, une fois qu'on est attaqué derrière le masque, je ne sais pas si le pardon sincère est possible. Ce serait mentir non plus à son masque cette fois-ci mais à sa réelle personnalité.Ainsi j'estime que le pardon n'existe pas. On l'a inventé car il était très pratique pour les deux protagonistes d'une opposition (grave ou non). De fait, "l'attaquant" se sentira délesté d'un poids qui eut été lourd à porter (pour un bon déroulement de la suite de la relation entre les deux concernés, ce qui est bien entendu l'objectif d'un "pardon"). Tandis que "l'attaqué" ne se trouvera plus à un status différent de l'autre sujet qui lui devrait quelque chose. Une sorte de dédommagement qui serait annulé et qui permettrait donc la bonne continuation de la relation entre les deux personnes.Pour moi tout celà n'est qu'hypocrisie, on ne "pardonnera" jamais quelque chose qu'on estime réellement grave et qui nous a touché (et ce n'est pas forcément négatif à mon sens, ça apporte plus de logique et de sincérité à toute relation). Tandis qu'on "pardonnera" très facilement une faute bénigne (car le tort qu'elle nous cause est moins important que le délestage du coupable (pour reprendre ton terme). Maintenant, concernant la question de la personnalité, je dirais que ce sera juste un facteur de la quantité d'hypocrisie contenue dans le "pardon" qui sera factice.Enfin, c'est mon avis un peu extrème du pardon,... mais je me comprends tout à fait ^^. Reste à voir si tu comprendras.
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